E.T.

Chère Terre Mère,

          Je ne sais pas d’où je viens. Je ne sais pas ce que je fais là, ni comment j’ai atterri ici. 

       Mais je tiens à te dire que je T’aime. Tu es magnifique. L’herbe verte, les arbres majestueux, les arbustes touffus, les fleurs aux couleurs vives, les fruits tous plus appétissants les uns que les autres, le soleil qui réchauffe la peau, le vent qui purifie l’air, la pluie qui rafraîchit, les lever et coucher de soleil flamboyant, les nuages créant des dessins animés dans le ciel, les montagnes aux sommets enneigés, les océans d’un bleu profond, les oiseaux chantant leurs mélodies harmonieuses. Le paradis…

         S’il n’y avait pas ces Humains aveugles… Je ne les comprends pas. Certains d’entre eux cherchent à aller au paradis après leur mort, mais font de Toi un enfer durant leur vie. Pourquoi ne voient-ils pas qu’il est là ? Juste sous leurs yeux, le paradis. S’ils prenaient soin de Toi, d’eux-mêmes et des personnes qui les entourent, ils feraient de Toi ce que Tu étais déjà avant leur arrivée : un paradis abondant.

         Je ne me sens pas souvent à ma place avec les autres. Je ne comprends pas pourquoi ils font du mal à leurs semblables. Ne voient-ils pas la peine et la douleur dans leurs yeux ? Ils ne ressentent donc pas les émotions des autres ? Et Toi, Toi qui es si généreuse et leur prodigues tout ce dont ils ont besoin, pourquoi Te détruisent-ils ? Ils se disent civilisés avec leurs machines volantes et leurs sources d’énergie, mais ils l’utilisent pour tout démolir et non pour aider les autres, optimiser et reconstruire.

       Je voudrais vous aider. Toi et les Humains. Quelque fois je me dis que c’est pour ça que je suis là. Alors j’essaye d’apporter des sourires, des remèdes, des informations pour sortir de cette détresse, mais la plupart n’entendent rien. Je plante des petites pousses, j’utilise des produits naturels et biodégradables pour ne pas Te brûler, j’évite tout ce qui peut Te faire mal, mais mes voisins Te polluent. Je ne sais plus quoi faire, les gens se moquent de moi. Apparemment la différence n’est pas bien vue ici. Lorsqu’on pleure parce qu’on a mal, on nous traite de faible ; lorsqu’on essaye de changer les choses, on nous décourage ; lorsqu’on essaye de donner des solutions, on ne nous écoute pas.

        Donc je suis allée voir ailleurs. Grâce à ce gadget connecté qui sait tout sur tout le monde, j’ai réussi à trouver des êtres comme moi, des différents. Je les aime bien, ils me comprennent. Je me sens beaucoup moins seule, mais nous ne sommes pas nombreux. Je me demande comment nous allons bien pouvoir ouvrir les yeux des Humains avant qu’il ne soit trop tard. Je ne veux pas qu’ils Te consument. Et je ne veux plus avoir mal.

          Je Te promets d’essayer, Terre Mère, mais je ne sais pas si je vais y arriver.

                                                                                                                                                                                 Une petite flâme qui se cherche encore.

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