Ma consommation de viande

Alors, végétarienne ou pas ?

            Je me suis posée beaucoup de questions sur la consommation de viande ces deux dernières années. Quand on voit comment les animaux d'élevage sont traités, y a de quoi se remettre en question ! 

           Depuis petite je mangeais de la viande sans vraiment avoir conscience de ce que c'était réellement. Chez moi, la base d’un repas c’est souvent "riz, grains, cari" - ou en plus français du riz et des légumes secs accompagnés de viande, souvent cuisinée avec des tomates et des épices, pour faire court. Bon, c'est vrai, quand on connait mieux les apports que devrait apporter un repas équilibré, on se rend vite compte que les protéines sont un peu trop présentes. Mais quand c’est dans notre culture et qu’on mange comme ça depuis tout petit, ça nous paraît tout à fait normal. 

            Enfin bref, d'aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais été difficile en viande, je mangeais de tout, excepté le lapin. Quand mes parents nous ont acheté deux lapins nains, à ma petite sœur et moi, j'avais 11 ans. Ma grand-mère aussi en avait, mais ceux-là finissaient souvent dans notre assiette. Et depuis que j’ai compris que ce qui servait de repas de famille c'était presque la même chose que ces petites boules de poils toutes mignonnes et toutes douces qu'on avait à la maison et qu'on caressait, je n’ai plus jamais voulu consommer de lapins. Pour moi c’étaient des animaux domestiques, comme les chats et les chiens et ils n’avaient rien à faire dans notre assiette. Mais je continuais à manger les autres animaux, ne me demandez pas pourquoi. 

Mon album 001 010

Grisouille, pitite boule de poils toute mignonne et toute douce :) 

            Et puis j’ai grandi. Et les circonstances m’ont amenée à reconsidérer ma façon de vivre et mon environnement. Ça a commencé en 2014, pendant les vacances d'été, en lisant les articles de Laura Marie. Elle est végane, défend la cause animale avec ferveur et montre comment ces pauvres êtres sont réellement traités dans l’industrie alimentaire. Et j’avoue que ça fait réfléchir ! Du coup je me suis dit que c’était sympa d’être végétarien, mais que je n’y arriverais jamais… ‘’J’aime trop la viande’’, comme le disent la plupart des personnes auxquelles j'en ai parlé. Surtout les bons caris réunionnais ! Mais plus je me renseignais sur les traitements des animaux et voyais comment l’industrie fonctionnait, moins j’avais envie d'y contribuer. Alors j’ai tenté d’arrêter d'en manger. Après m’être renseignée sur le régime végétarien, notamment sur le site de l'Association Végétarienne de France, j’ai d’abord arrêté tous les animaux terrestres d’un coup, mais ce n’était pas une bonne idée. Je m’étais forcée, j’avais souvent envie d’en manger et c’était plus une contrainte et une source de frustration pour moi, plutôt que de bien-être. J’ai vite été "en manque" et n’ai pas tenu longtemps. 

          Alors un peu plus tard je m’y suis reprise progressivement. Je n’achetais plus de viande à cuisiner à la maison, mais en mangeais de temps en temps au restaurant universitaire, et continuais à acheter du jambon aussi. Un riz cantonnais sans jambon, c’est pas un vrai riz cantonnais créole, me disais-je… Mais petit à petit, j’arrivais à m'en passer de plus en plus souvent et j’ai fini par l’exclure de mon alimentation, à l’exception des fruits de mer que j’adore, et que je ne mange pas très souvent. "Pas une vraie végétarienne" vous allez me dire. Peut-être, mais les étiquettes et les cases, ça a vite eu fait de m’agacer, et pour moi c’était déjà bien d’avoir réalisé ces changements. Et puis pour ma belle-mère ça a été d’un grand réconfort, car, si je craignais que le fait de ne plus manger d’animaux terrestres soit un casse-tête pour mes hôtes, de son côté elle était ravie de cuisiner poissons et fruits de mer les weekends où je rendais visite à ma belle-famille. 

            Quoi qu’il en soit, je n’ai pas procédé de façon assez douce et équilibrée pour ne pas perturber mes intestins et, quelques mois plus tard, après plusieurs visites chez le médecin pour cause de maux de ventre et ballonnements, on me déclare une colopathie fonctionnelle. Eh oui, comme je ne mangeais pas énormément de légumes avant, l'augmentation soudaine de mon apport en fibres a perturbé mon petit ventre et il s'est manifesté comme il pouvait. Adieu donc, légumes secs, crucifères en tout genre, ail, oignons, et crudités… La question qui se pose alors, c’est : où vais-je trouver assez de protéines en remplacement de la viande ? Je décide donc de reprendre mon ancien régime alimentaire, tout en l’équilibrant davantage et tâchant de ne pas trop forcer non plus sur les produits animaux. 

EDIT du 26 mars : Grâce à une vidéo de Humanité Emergente sur nos réels besoins en protéines et toute la "propagande" qu'il y a autour, j'ai compris que nous consommons beaucoup de protéines, et même pas sous leur forme la plus avantageuse... 

            Aujourd'hui j’ai réussi à bien soulager mes intestins irritables grâce à des méthodes naturelles et une alimentation adaptée - et certainement pas grâce aux conseils inexistants de mon médecin généraliste ou du spécialiste. En effet, ce dernier a pris ma situation à la légère car ce n'est pas une maladie, et qu'il n'existe pas en conséquence de traitement pour ce trouble fonctionnel "bénin", bien que très gênant au quotidien. D'après lui il fallait faire avec et m'estimer heureuse de ne pas avoir de maladie grave. C'est vrai, j'étais rassurée de découvrir que je n'avais rien de grave, mais en même temps déprimée d'apprendre que j'allais subir ces maux de ventre toute ma vie sans pouvoir rien y faire...  J'avais arrêté le sport, je craignais d'aller en cours ou même de sortir car j'avais peur que les crises ne surviennent à ces moments-là, ça avait beaucoup affecté ma qualité de vie, et j'étais perdue, je ne voulais pas rester dans cet état de crainte continuelle

          Mais heureusement, je me suis tournée vers les médecines douces et naturelles et immanquablement vers une alimentation santé. Au bout de quelques mois je pouvais à nouveau manger des légumes secs plusieurs fois par semaine et même quelques fruits, sans être pliée en deux. A présent je ne consomme plus que 2 ou 3 fois par semaine de la viande – souvent lorsque je suis invitée ou qu’on nous offre divers pâtés ou confits de canard maison – et 3 de mes repas sur 5 sont végétaliens. Et puis maintenant je sais beaucoup mieux compenser les apports en calcium et graisses lorsqu'on diminue la consommation de produits animaux. J’estime donc avoir trouvé un bon équilibre, du moins pour le moment, qui convient à mes besoins et surtout à mon corps et mes contraintes. Mais tout comme le corps humain et les situations, je suis certaine que mon alimentation n'a pas fini son évolution. 

           Je ne suis en aucun cas un exemple à suivre. A chacun maintenant d’écouter son corps et d’expérimenter pour adapter son régime alimentaire à ses besoins et ses envies, car chacun est différent. Surtout ne vous brusquez pas, ne vous forcez pas, prenez le temps dont vous avez besoin, sans porter attention aux jugements de votre entourage, qui ne sont pas dans votre peau. 
 

           A votre santé !

 

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